Léon-François Comerre (1850-1916)  - La Jeune fille aux camélias, huile sur toile
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Léon-François Comerre (1850-1916) La Jeune fille aux camélias, huile sur toile

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Ce tableau sera inclus dans le catalogue raisonné de Léon COMERRE réalisé par Béatrice Durand et en cours de rédaction. Un certificat d'authenticité en date 26-12-2019 sera remis à l'acquéreur.

Originaire du Nord, Léon-François Comerre (1850, Trélon - 1916, Le Vésinet) s’initie à la peinture dans l’atelier d’Alphonse Colas à Lille. C’est à la faveur d’une bourse départementale qu’il poursuit ensuite ses études à Paris dans l’atelier d’Alexandre Cabanel ainsi qu'à l’École des beaux-arts. En 1875, âgé de 25 ans, il est lauréat du Prix de Rome de peinture historique et remporte une médaille de bronze au Salon : l'artiste est lancé. Goûté pour ses tableaux orientalisants, ses scènes de genre et ses portraits, Comerre mène une vie confortable et s’installe dans un hôtel particulier sis rue Ampère, dans la plaine Monceau, quartier où se côtoie le Tout-Paris artistique et mondain.

La Jeune fille aux Camélias est une toile exécutée par l’artiste en 1890, alors qu’il est réputé et mène une carrière officielle. À cette date, l’artiste possède un atelier au Vésinet où tout porte à croire qu’il y a peint ce tableau. Le modèle, en buste, vu strictement de face, regarde solennellement le spectateur. À quoi songe donc cette toute jeune femme à la beauté juvénile ?

Le fond d’or de ce tableau évoque ceux des mosaïques byzantines. La symétrie, le regard impavide et le costume de velours orné d’un riche plastron d’or, de pierre et de perles rappellent l’impératrice Théodora dont on peut voir une effigie à Saint-Vitale de Ravenne (VIe siècle). Dans ce tableau, les lignes verticales de l’épaisse chevelure accentue le hiératisme de la pose, tout comme dans l’art byzantin. La rousseur rappelle celle des femmes des tableaux préraphaëlites, que Comerre connaissait sûrement, où elle symbolise la luxure, dont Théodora n'était pas dépourvue si l'on en croit l'historien Procope. En décembre 1884, le dramaturge Victorien Sardou mit à l’honneur ce personnage historique au Théâtre Saint-Martin à Paris, dans une pièce du même nom et dont l’héroïne fut incarnée par Sarah Bernhardt.

Le cadre en bois doré formé d'éléments architecturaux (colonnes, chapiteaux corinthiens, entablement, motifs de rinceaux) dans un style néo-renaissance est d'origine. Associé au tableau, il produit une juxtaposition stylistique typique du goût au XIXe siècle.

Les fleurs de camélias piquées dans les cheveux rappellent d’autres oeuvres orientalisantes de Comerre, comme Odalisque au tambourin. En 1890, l’artiste présenta au Salon une toile intitulée Bain de l’Alhambra, qui atteste cette veine orientalisante dans sa peinture. Par ailleurs, les camélias font bien sûr penser au roman de Dumas fils La Dame aux camélias, pièce donnée au théâtre dans les années 1880-1890 et jouée par Sarah Bernhardt ou encore Mlle Vallette. Comerre était familier de ce monde, comme en témoignent ses toiles Phèdre et Célimène exécutées pour l’Odéon à cette époque, ou encore les prises de vue de son atelier au Vésinet fréquenté par Aimée Tessandier (musée d’Orsay).

Ce tableau avait-il un pendant ? Une beauté classique, également de Comerre, passé en vente chez Sotheby's à New York en 2011, présente le même fond doré, un même traitement de la lumière, un cadrage et des dimensions similaires (68,5 x 50,1 cm). Néanmoins, la jeune fille arbore une chevelure blonde laurée, son regard est plus doux et la pose moins hiératique puisque la tête est légèrement inclinée et qu’elle pose de trois quarts. Elle tient aussi un livre dont elle marque la page avec le doigt, comme s’il s’agissait d’une tragédienne mémorisant des vers. Ces deux tableaux étaient-ils des portraits de comédiennes ?

Léon-François Comerre (1850-1916)  - La Jeune fille aux camélias, huile sur toile
© 2020 - Luxvic

Caractéristiques

  • Année : 1880/1890
  • Origine : France
  • Artiste : Léon-François Comerre
  • Matière ou technique : Huile sur toile
  • Dimensions : 50 x 65 cm (Largeur x Hauteur)
  • Dimensions avec encadrement : 66x90 cm

Provenance

Charles Mossant (1835-1908) et Antonin Vallon (1856-1944)

Muséographie

Le musée d’Orsay à Paris possède dans les fonds Léon Comerre, deux photographies de deux versions de ce tableau dont nous ignorons à ce jour leur localisation.

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